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Michèle Clemens, du rire à l'intuition, le chemin vers soi

· DévPerso,ColibriFaireSaPart,Inspiration

L’exercice ne fut pas simple pour Michèle, consultante en développement personnel aujourd’hui, traductrice et vendeuse de fruits et légumes bio hier, comédienne de théâtre amatrice depuis presque 10 ans, étudiant en ce moment ce que les maths peuvent lui dire…

Comme toutes les personnes prenant le temps de développer ce don d’une écoute authentique, nettoyée de ses propres mots et maux, parler d’elle ne lui est pas aisé.

Les mots sont doux et posés ; jamais « contre » quelqu’un ou quelque chose mais toujours « matériau pour » grandir, bouger, évoluer.

Explorant un à un ses potentiels, Michèle aime… décoincer ce qui coince !

Ce qui donne beaucoup de rire, depuis les étals du marché bio de Raspail à l’auto-dérision qui la caractérise.
De tendresse aussi, quand elle revient sur le chemin, entre deuils, rencontres et 2 cancers.

De lumière enfin, quand elle parle de théâtre, de son mari, des personnes qui comptent pour elle.

Je l’ai suivie sur ce chemin qui n’appartient qu’à elle, la laissant rebondir parfois sans que j’en suive alors le fil, mais qui toujours la voit revenir sur la question, le sujet, la pierre qui permet d’avancer !

Grand merci Michèle. De ce moment. De cet échange. De cette lumière !

D’un LEA et de la traduction, à Jacques Fradin et son Institut de Médecine Environnementale, c'est quoi la corde à nœud entre ces deux mondes qui sont les tiens ?

En traduction, assez vite, je me suis rendu compte que ça n'irait pas. J'avais adoré les études, j’y étais comme un poisson dans l'eau. Les langues étrangères pour moi, c'était comme une promesse pour communiquer avec un plus grand nombre. Mais plus tard, je me suis rendue compte que mon vrai kiff, ce n’était pas forcément de communiquer avec le plus grand nombre, mais de communiquer en authenticité.

Ce qui est possible avec mon travail actuel parce que la plupart des personnes viennent ici pour mieux se connaître, s'apprivoiser ; de ce fait, abandonnent le masque, les apparences

Et j'ai compris alors que ce qui m'intéresse moi, ou plutôt ce dont j'ai besoin fondamentalement, viscéralement, c’est d'une communication en authenticité, d’humain à humain.

Tu l’as capté quand tu étais encore au milieu de tes traductions ?

Non non… Pendant la traduction, je me disais que je n’allais pas y arriver tellement je m’ennuyais ! Il n'y avait pas encore le dictionnaire Reverso sur Internet, j'étais entre mon dictionnaire, l'ordinateur et le texte à traduire.

Cela me plaisait de passer du domaine des céréales au béton, en passant par l'informatique ou le matériel médical. Même si tu n'as pas toujours à traduire des choses qui te plaisent ou avec lesquelles tu es d’accord !

Mais cela manquait d’humain, de contact.

Je me disais qu’il fallait que je fasse autre chose. Mais quoi ? Qu’est-ce que j'aimais faire ? Je ne savais pas. Qu’est-ce que j'avais envie de faire ? Je ne savais pas.

J’enviais ceux qui avaient une passion, qui avaient un loisir dévorant ou une activité dévorante.

J’ai donc arrêté la traduction, et ai choisi un travail alimentaire pour avoir le temps de voir venir, de décanter. Ce travail alimentaire, cela a été de vendre des fruits et légumes bio, produits par un maraîcher, sur le marché Raspail le dimanche, et en semaine sur un marché classique.

Là, on était une équipe. On riait et on se taquinait beaucoup. Et ça, ça me plaisait ! Le patron me laissait la bride sur le cou, pour diriger les choses. Et assez vite, je me suis découverte un goût de manager improvisé, ce qui arrangeait beaucoup mon patron, car il détestait se coltiner les problèmes de gestion humaine.

Et il y avait une part esthétique parce qu'on faisait des magnifiques étalages avec des paniers en osier, des coulées de fruits et légumes ; on faisait des mélanges.
C'était très inédit. C’était vraiment des excellents moments. Moi qui ne suis pas du matin, je me levais à pas d'heure !

Pendant ce temps je me demandais toujours ce que j'allais faire.

À l'époque j'étais déjà en thérapie avec Jacques (Fradin) ; cela m'avait plu dès le début. Et j’avais assisté au premier atelier expérimental qu’il proposait.

Donc, un jour, j’en parle à Jacques qui me dit : “ il faut que tu prennes les choses par le bout du plaisir et que tu fasses ce qu'il te plaît. »

Alors je lui dis « A part les séances et les stages avec toi, il n’y a rien ». Je ne voyais vraiment rien d’autre.

Il me répond : “ Bien, fais ça.”

Alors je lui dis « Tu es gentil, mais ça ne me donnera jamais un boulot !».

Et il dit : « Tu verras bien vers quoi cela te mène, si tu te laisses le temps de réfléchir, d'observer ». Et comme j'avais une grande confiance thérapeutique en lui, je me suis dit « faisons cela ». De toute façon je n'avais pas de meilleure idée !

Donc je l’ai fait. Ça me plaisait énormément de suivre ses stages. Cela me nourrissait beaucoup. Je découvrais beaucoup de choses sur moi, sur les autres.

A un moment donné, il a commencé à proposer des formations de consultant en développement personnel.

Moi, avec beaucoup de complexes sur mes capacités intellectuelles, je me disais ” ce n'est pas pour moi ce truc-là”. Jusqu’au jour où je me suis quand même dit : “pourquoi tu n’oserais pas ?” Alors je me suis forcée. Vraiment. Et me suis inscrite. J’y allais à reculons, tu ne peux pas imaginer ! Parfois je m'endormais en cours. Ce n'était pas seulement parce que c'était après ma journée de boulot et que j'étais objectivement fatiguée, c'était aussi parce qu'il y avait là un gros interdit…

Et de fil en aiguille, le bouche-à-oreille a fonctionné, et j’ai eu des personnes venant me voir, de plus en plus. Cela m’a demandé un vrai travail sur moi pour accepter que les gens viennent se confier à moi, parce que je ne me sentais pas capable au début…

Il y a des choses qui te sont spécifiques : c’est cette intuition et la dimension du rire et du sourire, qui font partie de ta façon de fonctionner. Est-ce que cela, ce sont des choses que tu as travaillées en conscience, où est-ce que cela fait partie de qui tu es ?

C'est amusant que tu me cites ces deux choses-là, parce que ce sont les 2 hommes de ma vie qui m'ont fait voir ça. Mon ex, avec qui j'ai vécu longtemps, m’a dit un jour que j'avais de l'intuition. Alors là j'ai complètement débarqué ! Je n’étais pas au courant du tout ! rire !

Et à partir de là, c’est comme quand tu découvres un nouveau mot ; peu de temps après, dans les 15 jours qui suivent, tu le retrouves dans un bouquin, sur une affiche. Et tu le cultives. En conscience. J'ai donc appris à l’écouter ; à la suivre.

Donc il y a une écoute de ce qui émerge, de ce qui t’entoure. Mais il y a aussi un travail en affinant ses sens par exemple ? Ou c'est juste quelque chose qui est en soi et qui grandit parce qu'on lui donne de l’écoute ?

C'est les deux. A la fois, je lui laissais de la place. C’est comme ouvrir un robinet en fait ; l’eau courante est là mais tu l'ignores tant que le robinet est fermé. Ou tu n'en bénéficies pas en tout cas.

Il faut ouvrir la porte. Et j’ai aussi affiné la perception. Mais il m’arrive encore souvent, comme à tout le monde j’imagine, que l'intuition passe très vite et que je ne la saisisse pas. Finalement le travail, c'est de l'écouter, cette petite voix. C’est à la fois de permettre qu’elle sorte et de l'écouter.

Et il y a le rire et le sourire. J’aime beaucoup cette phrase de Khalil Gibran : « Le même puits d’où fuse votre rire fut souvent rempli de vos larmes ». On sent que ton rire et ton sourire viennent de loin, de profond. Que c’est, non de la dérision, ni un sourire qui masque, tel un nez rouge… mais quelque chose qui est très visité. Habité.

C'est quelque chose qui a toujours été naturel ou le fruit de coups, de choix ?

Ça me faire revisiter mon passé cette question-là, d’un coup !

Ma mère – qui est morte quand j’étais jeune - était une personne qui avait beaucoup de spontanéité, de fraîcheur, beaucoup de tristesse aussi par moment, mais beaucoup de gaieté. On était 3 filles, et on riait beaucoup avec elle. On se piquait des fous rires. Donc beaucoup de gaieté.

Mais plus tard, j’ai réalisé que par rapport à d’autres personne qui avaient beaucoup d’autodérision, de recul sur elles-mêmes, moi je n'en avais pas. J'étais plutôt assez susceptible, et je trouvais que je me prenais pas mal au sérieux.

Un jour, j’ai une cliente qui est venue en me disant : « j’ai raté ma vie, je voudrais réussir ma mort. Est-ce que vous pouvez m'aider à cela ? »

Je lui ai dit oui, que j'étais prête à l'accompagner. Ce que j’ai fait.
Mais à son enterrement, quand je me suis rendue compte que je ne pouvais pas retenir mes larmes, je me suis dit : « qu'est-ce qu'elle emporte avec elle ? De quoi suis-je privée maintenant ? ».

Et j’ai trouvé 3 choses.

La première, c’était le fait qu'elle mette les mains dans le cambouis ; elle avait été médecin urgentiste, avait travaillé en soins palliatifs, et aimait travailler sur les cas difficiles. Quelqu'un pouvait être sans argent, sans abri, habiter chez elle pendant 2 ans nourri et logé le temps de se retaper, et pouvait repartir en ne lui devant rien. J’ai trouvé cela extraordinaire. Et j'avais remarqué que ma générosité avait des limites, ou en tout cas ne se portait pas à cet endroit-là ; donc je me suis dit « tiens, c'est avec ce genre de choses qu'elle est partie ».

La 2ème chose, est l'autodérision qu’elle avait. Elle ne se prenait pas au sérieux. La troisième je ne m'en souviens jamais !

Et là, je me suis dit que ces choses-là elles étaient à cultiver pour moi. Rien que de voir cela, ça m'avait apaisée.

J'ai donc essayé de cultiver la dérision, comme pour l’intuition : j’ai ouvert la porte, et l’ai cultivée. J'ai aussi observé les personnes ayant de l’autodérision dans mon entourage. Par exemple mon mari, son fils. Et puis petit à petit, je me suis rendue compte qu’il y avait des personnes qui savaient se faire rire elles-mêmes. Et c’est comme ça que j’ai pris conscience que j'étais très dépendante des personnes qui savaient me faire rire, notamment de mon mari. Et de mes amis.

Petit à petit, j’ai osé laisser émerger ces blagues à 2 balles qui étaient ma forme d’humour. Je me suis fichue la paix avec ça. Et j’ai assumé - c’était beaucoup une histoire d’assumer. Et après, le simple fait de me dire « il y en a qui se font rire eux-mêmes, avant tout », de laisser la porte ouverte à cela, m’a permis de me faire rire toute seule !

Dernièrement, j’ai entendu un neurologue, Lionel Naccache, qui fait des chroniques. L’une s’appelle “Parlez-vous cerveau”, où il explique comme fonctionne la créativité.

Il y évoque les 4 étapes de la créativité.
La 1ère, une phase consciente, où on se pose consciemment une question. Ce que j’appelle « ouvrir la porte ». Puis arrive la 2ème phase, d’incubation : on va se balader, on fait autre chose, on vit, on n’y pense plus consciemment ; je pense que c’est le préfrontal qui mouline en arrière-plan. Puis l'illumination arrive, c’est la 3ème phase, où on a une prise de conscience, tsss toung ! la réponse arrive ; ça fait la lumière dans la tête. Et après, c'est la phase de finition, où tu mets en œuvre, tu travailles ton truc, tu as ton idée et tu l’explores.

Pour lui, l’incubation et l’illumination ne peuvent exister que s’il y a eu pensée consciente, la créativité étant un balai entre le conscient et l’inconscient. Le conscient imprime la direction, là où on veut aller. On veut se poser une question de physique, de maths, sur le rire -comment ça marche, sur l’intuition, ou comment améliorer sa recette de cuisine. Et cela m’a beaucoup éclairée !

Créativité, exploration… Tu m’as aussi souvent parlé du théâtre. Est-ce que c'est juste du fun, du plaisir, où est-ce qu’il y a autre chose ?

J'étais très timide. Très facile à déstabiliser. Et parallèlement, j’avais le goût du jeu. Le goût du costume. Le plaisir de se déguiser.

Un jour, j’ai fait avec Jacques et Fanny (Fradin) un stage d’«Art dédramatique» où A jouait le rôle de B dans la vie et inversement, chacun devenant le metteur en scène de l’autre. Et ça a été une révélation !

J’étais persuadée que je ne pouvais pas rentrer dans une autre peau que la mienne. Que je ne pouvais pas sortir de moi. Et là, cela m’a amenée à observer, à mieux comprendre l’autre ; une voie d’entrée pour sortir de soi et tenter d’incarner un autre.

Et c’est quelque chose qui est juste du jeu ou c’est aussi un outil dans ta vie pro - de coach, ou perso ?

Je le prends aussi comme un exercice de développement personnel pour moi.

J’ai commencé à travailler sur moi en 1988 et cela ne s’arrêtera jamais, parce que c’est une passion, et c’est une exploration infinie ! On n’a jamais fini de se comprendre, de se découvrir, de s’épanouir, de se détendre, de devenir plus créatif, plus serein, plus confiant en soi. De découvrir la richesse infinie qu’il y a en soi, dans tous les domaines.

Par exemple en ce moment, je prends des cours de maths, avec mon beau-frère.

Parce que j’avais conscience d’être complètement passée à côtés des maths quand j’étais au lycée ; j’ai conscience que les maths c’est une poésie, que c’est un champ de plaisir.

La dernière fois il m’a expliqué sinus et cosinus, à ma demande. Et là, on est passé aux logarithmes ; c’est extraordinaire d’avoir le plaisir de comprendre les maths !

Cette pratique du théâtre, c’est donc autant une plongée en toi qu’une plongée dans le regard des autres ?

A plein de moments, j’ai trouvé que j’étais vraiment nulle, et que ce n’était vraiment pas pour moi. C’était du jugement. Et le jugement rend la chose inconfortable. Tu ne peux pas avoir plaisir à faire quelque chose quand tu te juges. Ça te bloque, tu ne peux pas explorer la matière.

Le théâtre, c’est un double exercice.

D’une part, c’est oser se laisser regarder sur une scène, même dans le groupe très bienveillant de nos acolytes, tous des copains. C’est quelque chose de se laisser regarder. Il y a un cadeau réciproque.

Mais c’est aussi un travail sur soi. Je le fais vraiment pour dépasser des freins, des peurs, des limites que je me mets. Mon amie Corinne (Réquéna), professeur de théâtre et metteur en scène m’encourage énormément dans cette démarche.

Et le moment magique, c’est quand la salle se remplit et que tu entends le bruissement des gens qui s’installent. Ça stresse tout le monde, moi ça m’apaise. La présence des spectateurs me porte, la qualité d’écoute qu’ils ont.

C’est rare de trouver une vraie qualité d’écoute chez quelqu’un, dans la vie. Quelqu’un qui n’est pas en train de vouloir te répondre. Souvent, les gens écoutent pour répondre. Ils n’écoutent pas pour comprendre, ou pour entendre.

Le spectateur… il vient, il choisit d’être là, il vient là pour entendre, pour capter, pour recevoir, et c’est vraiment un cadeau pour moi.

Les prochains « possibles » que tu as encore envie de visiter, pour toi ou pour le collectif ?

Pour moi c’est lié, foncièrement. Intrinsèquement. Quand on élargit ses possibles, on permet plus ou moins directement aux autres d’élargir le leur. Je trouve que les autres déteignent sur moi, et par la force des choses, je déteins sur les autres. Quand on voit quelqu’un d’épanoui, cela donne envie je trouve. Cela rassure sur le fait que c’est possible pour soi aussi.

Je pense que quand on est paisible soi-même, cela contribue au fait de générer de la paix autour de soi aussi. Alors c’est des gouttes d’eau, des histoires de colibri. Je fais ma part.

Par exemple, ce n’est pas ma fibre d’être militante, de manifester dans la rue. Ma fibre, ça va être le bénévolat. Par exemple les soins palliatifs pendant 10 ans ; maintenant, les personnes en deuil. Et cela n’aurait jamais été possible pour moi autrefois.

En ouvrant mes champs des possibles, forcément cela ne bénéfice pas qu’à moi. Cela aide les autres, d’une manière ou d’une autre.

Je suis très inspirée par les autres. Mon mari par exemple, apprend beaucoup dans les livres. Il aime aussi se faire aider, partager avec des personnes en qui il a confiance, mais il apprend beaucoup dans les livres. Moi je préfère recevoir l’enseignement auprès d’une personne.

J’entends que la maladie a aussi été un véritable “ouvreur” des possibles pour toi. C’est-à-dire qu’elle t’a obligée à fonctionner différemment ?

Il y a quelque chose d’assez extraordinaire quand on est malade, parce que les langues se délient ; les gens te disent combien ils t'apprécient. Et ce qui était étonnant, c’est de voir que des personnes qui ne se connaissaient pas entre elles me renvoyaient les mêmes choses. Les mêmes choses positives. Leur regard sur moi était très convergent.

Une de mes sœurs a aussi joué un grand rôle parce qu’elle m’a inlassablement répété, quand j’étais malade, qu’il fallait que je travaille sur mes émotions, sur le fait de pouvoir laisser circuler mes émotions. Et je pense que ça a vraiment contribué à mon cheminement et à la guérison.

Oui oui, la maladie a joué un grand rôle.

A un moment donné, je me suis dit « je ne peux pas continuer à penser comme avant. Je ne peux pas continuer à vivre comme avant. Il faut que j’arrête de me dévaloriser ».

Ça été une décision consciente. Un choix.

Tu as eu 2 cancers…

Au début, ça fait flipper la maladie. « Est-ce que je vais en sortir ? » Ça me réveillait la nuit, avec la peur de mourir.

Mais c’est hyper précieux, une maladie.

Soit tu t’en sors, tant mieux, et tu as gagné le fait de ne plus avoir peur de ta mort.

Soit tu n’en sors pas, et tu apprivoises le fait de mourir en paix.

Ça te remet les idées à l’endroit, quoi ! C’est très zenifiant. Ça fait complètement apprivoiser la peur de mourir.

Ce n’est pas parce qu’on va mourir, éventuellement, que ça doit se faire dans la douleur psychologique.

J’ai perdu ma mère en 1986, mais à la mort de mon père, en 2013, ça a encore été une étape de croissance. Vraiment. Parce que ça oblige à se positionner. A régler des choses. A faire des choix. A trancher. A se détacher. Ça me fait penser à ce livre d’Elisabeth Kübler-Ross qui s’appelle “La mort, dernière étape de croissance”.

Il paraît qu’on génère une production de neurones jusqu’aux derniers instants de vie. Je pense qu’on grandit jusqu’au dernier moment.

Enfin… toi qui es curieuse de tout, tout le temps, qu’as-tu envie d’explorer là ?

C’est beaucoup au niveau créatif, artistique, expression de soi, expression du corps.

Il y a les maths, j’ai commencé. Mais aussi le dessin, la peinture, la danse.

Tu vois, ce qui me fascine, c’est les gens qui font des chorés (pour chorégraphies !) comme ça, comme nous on respire, comment ils font ? Moi j’ai du mal à retenir 3 pas, quand j’en suis au 4ème, j’ai oublié le 1er.

Mais aussi, je me suis déjà débarrassée de mon allergie à JS Bach. Il me donnait des boutons, c’était insupportable ! Donc ça c’est fait ! Maintenant j’aime bien. Je peux même écouter un morceau jusqu’au bout, avec plaisir.

Finalement, pour moi, le champ des possibles, c’est de décoincer ce qui est coincé.

C’est ça, j’ai plaisir à décoincer ce qui est coincé.

En moi et chez les autres.

Plaisir ! Grand plaisir que d’explorer quelques morceaux de vie avec Michèle, tant en horizontal, en multitude, qu’en vertical, en profondeur.

Pas de gravité sur ces sujets graves.

Du profond plutôt. Du libre surtout. Du zen aussi.

Une peintre et sa palette de possibles.

Avec pour moteurs : curiosité et envie.

Pour pinceaux : humour et écoute.

Pour cap : une fresque collective où chacun résonne juste.

Tout ce que j’aime ! Merci Michèle.

Par Carole Babin-Chevaye

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