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2040... avec Patrick Viveret

Reconsidérer les richesses, avec Patrick Viveret, philosophe.

 

Dans le podcast "Dites à l'Avenir que nous arrivons", réalisé avec les Eclaireurs - le média des initiatives positives de Canal+ Group - et l'Institut des Futurs souhaitables, Mathieu Baudin, Directeur de l'Institut reçoit un.e invité.e qui lui partage son regard sur l’époque, confie ses visions de futurs souhaitables et ses contributions concrètes pour les faire advenir. Ces échanges se finissent sur un conte situé en 2040, que nous écrivons avec Mathieu sur la base des idées et éléments de l'invité.e.

#CParti!

Patrick Viveret : reconsidérer les richesses

Marseille. 2040.
Le Vieux Port est métamorphosé.
Il y règne une ambiance joyeuse,
teintée de douceur et d’humanité.

Je me trouve, avec toi, dans ce café dont tu m’as souvent parlé Patrick…
Café qui est aussi lieu de culture, où l'on peut lire les livres qui en tapissent les murs,
découvrir de nouvelles œuvres et expression artistiques, parler, apprendre, écouter, rencontrer, échanger, troquer…
Il reflète avec justesse ces nouvelles valeurs qui permettent un vivre ensemble harmonieux.

La notion de ville a aussi bien changé depuis 2020… là où cohabitaient tant d’activités inutiles ou futiles, voire nocives et dangereuses.
Bon nombre ont disparues. Inversement, d’autres, belles et bénéfiques, se sont développées. Favorisées par le changement de comptabilité des indicateurs de richesse,
mais aussi, profondément, du fait du droit de création monétaire.

C’est ainsi que Marseille a sa monnaie locale. La Sardine.
Ce sont en effet les assemblées municipales qui ont maintenant récupéré ce pouvoir de la création monétaire. Et celui-ci est réservée, du point de vue de son affectation, à des activités considérées comme bénéfiques.

Quand on a changé les critères de création monétaire…
d’un côté, quantité de trafics, comme ceux de la drogue, ont été taris ;
de l’autre, cette capacité de crédit a été reconvertie sur des activités bénéfiques - quitte à ce qu’elles soient des activités de reconversion. Cela a ainsi permis de développer des activités écologiquement, socialement, culturellement, humainement bénéfiques.

Bien sûr, l’aventure dans laquelle toi et tes amis se sont attelées n’a pas été un long fleuve tranquille.
C’est au moment de grande la crise des années 22/25 qu’un changement majeur est intervenu. Tout d’un coup, l’argent, jusqu’alors présenté comme rare, s’est mis à arriver de toutes parts. En abondance. Des milliers de milliards d’euros, de dollars et autres devises, créés par les banques centrales. On touchait le cœur même du système, qui s’est révélé incapable de répondre à des défis de base tels que la santé, la sécurité, le vivre ensemble, etc.
 

Cet effondrement du modèle capitaliste financier dominant classique, tu me l’as souvent dit, vous a bien aidé ! C’est là que toute une réflexion a émergé. Alimentée par les acteurs alternatifs déjà présents mais encore marginaux, qui animaient des accorderies, des systèmes de monnaies citoyennes comme des échanges locaux…
Il a alors été proposé de travailler sur une autre approche de la richesse, considérant comme légitime de réserver la création monétaire à des activités créant de la valeur – force de vie. Cela n’a donc plus été le fait de banques commerciales mais celui des assemblées démocratiques.
Et ce mécanisme démocratique valait à l’échelle d’une ville comme Marseille
mais aussi pour toutes les villes en France, en Europe, dans le monde,
sur les mêmes mécanismes.
La Sardine n’est donc pas un isola.

C’est aussi lors de la grande crise financière des années 22/25 que la proposition de créer une monnaie mondiale, cohérente avec un développement soutenable,
a été acceptée.
Une monnaie mondiale appelée Terra.

Unique. Commune.
Terra a permis de traiter les grands défis et enjeux planétaires.

Les banques n’ont évidemment pas lâché leur monopole sans difficulté !
Elles qui vivaient sur des privilèges indus se sont défendus vigoureusement. Mais une campagne de sensibilisation auprès de l’opinion publique a détourné la confiance qu’avaient en elles bon nombre de ses usagers…
Elles se sont alors retrouvées dans un fort déficit de crédit encore accentué par les réflexions sur les nouveaux indicateurs de richesse.

Le principe même des cotations a été aussi revu.
 

Toutes les organisations, entreprises, administrations, banques, ont alors été passées au crible de la question : est-ce qu’on peut leur faire confiance, en tant que créatrice de valeur - au sens de forces de vie ?

Tu te rappelles ? … Bon nombre d’organismes, publics comme privés, dont notamment tous ceux qui ne couraient qu’après des principes exclusifs de rentabilité financière,
se sont retrouvés avec une cotation faible, voire négative !
Or le seul moyen de remonter cette cotation tenait au fait de renouveler la confiance…

Aux effondrements macros de la grande crise de 2022 / 25, s’est ajouté un 3ème élément. Celui des mouvements politique citoyens, ayant renouvelé en profondeur la démocratie. Ils rejoignaient le projet dont on parlait en 2020 avec Antonio Guterres, secrétaire national des Nations Unies ; celui de la création d’un conseil des consciences et d’une assemblée citoyenne mondiale…

Si l’on y ajoute la monnaie mondiale Terra,
et la fiscalité mondiale mise en place…
les pièces du puzzle était en place.

Les leviers de ce qui a suivi furent aussi bien à l’échelle macro que micro.
 

En France, en 22 est aussi intervenu un changement gouvernemental qui avait fait de cette approche un élément clé, faisant levier sur l’Europe.
Les élections européennes de 2025 ont alors été très fortement organisées
autour de la question : qu’est-ce qui compte ?
Qu’est-ce qui fait la richesse ?
Et qu’est-ce qui fait le lien entre l’approche de richesse et la nouvelle approche de la démocratie ?

Voilà qui est fait. Quel chemin !

Merci à toi et à tes amis.

Je me souviens, dès les années 2015, t’avoir entendu parler d’un autre chantier
qui te tenait à cœur : celui de la pleine humanité. Alternatif à celui de la trans-humanité…
La très-humanité face à la trans-humanité…
 

Te voilà, plus actif que jamais, sur cette transmission du désir d’humanité !

Comme le disait Alexander Lowen, qui t'a profondément marqué je crois :
"Traverser la vie le cœur fermé
c'est comme faire un voyage en mer au fond d'une cale !".

Merci Patrick !
Pour cette invitation à ouvrir notre cœur et à monter sur le pont de la Vie !

Pour retrouver le podcast "Dites à l'avenir que nous arrivons" :

Et le livre "Dites à l'avenir que nous arrivons", LEDUC, juin 2020 :

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Le blog Monde des Possibles, par Carole Babin-Chevaye : des interviews de personnalités aux yeux brillants et les uchronies du podcast "Dites à l'avenir que nous arrivons" : Anne-Sophie Novel, Karen Bastien, Jean-Pierre Goux, Martin Serralta, Patrick Burensteinas, etc.